Il était une fois…

Beyrouth, août 2011…

Comme si c’était hier… Ce petit inconnu d’une dizaine d’années me met au défi de sauter dans l’eau. J’ai mon appareil photo autour du coup. Il me pointe du doigt pour me désigner, moi, parmi mon petit groupe d’amies. Et avec le mien, cet index tremblant, j’immortalise la scène et accepte sa proposition en un clic ! 

Je plonge avec lui, toute habillée. Quelle folie libératrice ! 
De mon Corps à mon Coeur en un fragment de seconde, je deviens à ses côtés la JOIE incarnée !
À cet instant précis, nous avons le même âge et le temps n’existe plus… Puis nous nous sommes dit au revoir en sachant que nous ne nous reverrons jamais mais qu’il restera à vie un fragment de l’un dans l’existence de l’autre.

Chacun avait joué son propre rôle. L’enfant avait rassuré l’adulte et l’adulte avait accordé sa confiance à l’enfant. Ils s’étaient tous les deux jetés à l’eau dans tous les sens du terme, avec d’inoubliables éclats de rire comme langage commun.

Est-ce là le tendre résumé du sens de la vie et du vrai retour à Soi-même ?
Notre véritable identité n’est-elle pas que JOIE ?

De cette rencontre providentielle, perdure encore le souvenir d’un état de grâce profonde, d’allégresse, spontanée, libre, contagieuse, pleine de folie et de promesses. Une d’entre elles est de ne jamais oublier qu’il y a, sous mon costume d’adulte, une âme d’enfant qui rêve les yeux ouverts. À travers les siens, si lumineux en pleine nuit, j’y ai vu la beauté du monde, même floue ; tout comme cette humanité qui est mon propre miroir…

Et j’ai alors décidé de la regarder avec hauteur, pour pouvoir me regarder en profondeur.

En plongeant dans mes espaces sombres avec courage, j’y ai trouvé un Amour semblable à celui d’un enfant qui accorde sa confiance sans explication.

Je me suis abandonnée à mon tour à la vie avec confiance car j’ai senti dans cet espace, au coeur de mon corps, que tout est possible quand on regarde au-delà du voile de nos illusions protectrices et de nos peurs.

Depuis, je laisse la vie agir à travers moi pour qu’elle me relie à toi…

Comme avec l’aide d’un tout petit trombone…

Depuis bientôt 4 ans, où que j’aille dans le monde et dans des moments très spécifiques, je trouve par terre ce petit attache-document…

Tel le petit Poucet, je les ramasse un après l’autre sur ma route…

J’en ai une trentaine et à chaque fois, il me vient l’image de la « réunification en Soi » telles les pages d’un livre éparpillées à rassembler. 

Je ressens toujours à cet instant une folle envie de rire et suis totalement envahie par une confiance aimante en la vie, comme si on me disait que tout allait « divinement » bien se passer !

Sans pouvoir me l’expliquer, j’ai comme la certitude que c’est moi, sous une forme différente, qui place toujours au bon moment ce petit objet bien significatif.

Je pourrais me dire que ce sont mes guides, un ange ou je ne sais qui d’autre sur un autre plan – ce qui est tout à fait possible selon mes propres croyances et mes perceptions médiuminiques – mais j’aime à croire que rien n’est véritablement extérieur à soi-même, que tout n’est que projection et création interconnectée. Mais au-delà de cette merveilleuse synchronicité, c’est une énième occasion chez moi pour me dire que nous avons tout à disposition. Nous apprenons simplement à nous en souvenir en nous ralliant à une part de nous-même qui sait déjà tout…

Je me dis alors que si nous sommes comme des pages d’un livre déchirées et éparpillées par l’ignorance, La Source serait-elle comparable à un trombone qui nous rassemble et qui nous montre que nous n’avons en réalité jamais été séparés de sa propre Histoire ? Est-ce là ma plus grande réponse ? C’est en tout cas la seule excuse amusante que j’ai trouvé pour m’abandonner à la vie parce que je ne me sens enfin plus abandonnée pour la Création toute entière.

Si cela te fais écho, à ton tour de ramasser le trombone que je t’offre, pour dépasser ensemble les limites illusoires et les peurs qui morcellent notre existence.

Rassemblons avec fluidité les pages de nos histoires respectives, non pas pour nous identifier à ce que l’on croit absolument savoir d’elles, mais pour réunir au coeur de nous-mêmes, toutes les connaissances, les enseignements, les forces qu’elles nous offrent et qui font de nous des Êtres unifiés…